{"id":20079,"date":"2020-04-23T14:04:31","date_gmt":"2020-04-23T13:04:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.imelasavoie.fr\/?p=20079"},"modified":"2020-04-23T14:04:34","modified_gmt":"2020-04-23T13:04:34","slug":"histoire-a-ecouter-histoire-de-lustucru-de-pierre-gripari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/?p=20079","title":{"rendered":"[ Histoire \u00e0 \u00e9couter ] Histoire de Lustucru de Pierre Gripari"},"content":{"rendered":"\n<p>Bonjour !<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, je vous lis un des contes de la rue Broca : Histoire de Lustucru.<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Dixon<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"549\" src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-20080\" srcset=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-7.png 400w, https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-7-219x300.png 219w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-2.jpeg\" alt=\"Ear \u00e9couter Vecteur Ic\u00f4ne Clip Art Libres De Droits , Vecteurs Et ...\" class=\"wp-image-20087\" width=\"73\" height=\"73\" srcset=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-2.jpeg 225w, https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-2-150x150.jpeg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 73px) 100vw, 73px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Pour <strong>\u00e9couter<\/strong>, c&rsquo;est ici :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Histoire-de-Lustucru-Partie-1.mp3\"><\/audio><figcaption>Partie 1<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Histoire-de-Lustucru-Partie-2.mp3\"><\/audio><figcaption>Partie 2<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Histoire-de-Lustucru-Partie-3.mp3\"><\/audio><figcaption>Partie 3<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Histoire-de-Lustucru-Partie-4.mp3\"><\/audio><figcaption>Partie 4<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-8.png\" alt=\"Lire Ou Apprendre Avec L'ic\u00f4ne D'art En Ligne Pour Les ...\" class=\"wp-image-20088\" width=\"68\" height=\"68\" srcset=\"https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-8.png 225w, https:\/\/www.imelasavoie.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/image-8-150x150.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 68px) 100vw, 68px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Pour <strong>lire<\/strong>, c&rsquo;est par l\u00e0:<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Histoire de Lustucru<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, dans la salle de classe, la ma\u00eetresse posa aux enfants la question suivante :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Comment s&rsquo;appelait le g\u00e9n\u00e9ral romain qui a conquis la Gaule ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alors le petit Bachir leva le doigt pour demander la parole et r\u00e9pondit :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Lustucru.<\/p>\n\n\n\n<p>La ma\u00eetresse, para\u00eet-il, ne fut pas satisfaite. Mais monsieur Pierre, lui, quand il apprit l&rsquo;histoire, se demanda tout de suite :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Et si c&rsquo;\u00e9tait Bachir qui avait raison ?<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9rit\u00e9, diton, sort de la bouche des petits enfants\u2026 Il n&rsquo;y a pas de doute, il faut que je me renseigne ! Et monsieur Pierre se renseigna. Il relut tous les bons auteurs : Perrault, Galland, Grimm, Andersen, Afanassiev et autres ; il se promena, il m\u00e9dita ; il s&rsquo;assit, se coucha ; il dormit, il r\u00eava \u2013 et au bout d&rsquo;une semaine de travail acharn\u00e9 il \u00e9tait en mesure de raconter l&rsquo;histoire de Lustucru. Cette histoire, la voici : Il y a tr\u00e8s longtemps, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Romains, vivait un roi barbare. Quand ce roi eut un fils, une bonne f\u00e9e lui apparut, qui lui dit ces mots :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ton fils est immortel, il ne mourra jamais. De plus, il deviendra un grand guerrier, plein d&rsquo;audace et de bravoure, et il fera de grandes choses. Mais tout cela \u00e0 une condition !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Laquelle ? demanda le roi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est, dit la f\u00e9e, que tu lui donnes le nom de Lustucru.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roi eut une h\u00e9sitation. M\u00eame pour un barbare, le nom de Lustucru est un peu ridicule. Cependant il se dit que la bravoure et l&rsquo;immortalit\u00e9 valaient bien qu&rsquo;on supporte ce petit inconv\u00e9nient et, apr\u00e8s r\u00e9flexion, il r\u00e9pondit : \u2014 J&rsquo;accepte.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Qu&rsquo;il en soit donc ainsi, dit la f\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Et elle disparut.<\/p>\n\n\n\n<p>Le prince Lustucru grandit rapidement et devint en peu de temps un gar\u00e7on accompli, plein de force et de courage. Quand il eut environ douze ans, le roi son p\u00e8re l&rsquo;envoya \u00e0 Rome pour parfaire son \u00e9ducation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il entra donc dans une \u00e9cole romaine. Comme il \u00e9tait aussi intelligent que <strong>brave<\/strong>, il \u00e9tait le premier partout. Ou plut\u00f4t, il aurait d\u00fb l&rsquo;\u00eatre, mais ses ma\u00eetres romains ne lui donnaient jamais la premi\u00e8re place, parce que, pour rien au monde, ils n&rsquo;auraient voulu dire ou \u00e9crire : premier, Lustucru. Pendant toute la dur\u00e9e de ses \u00e9tudes, le pauvre Lustucru fut donc un \u00e9ternel second. Une fois sorti de l&rsquo;\u00e9cole, il essaya d&rsquo;entrer dans l&rsquo;administration, et passa des concours. Mais l\u00e0 encore, la m\u00eame mal\u00e9diction le poursuivit. Bien qu&rsquo;il f\u00fbt, et de loin, le meilleur et le plus capable, il n&rsquo;\u00e9tait jamais re\u00e7u, et tous ses concurrents lui passaient, comme on dit, sur la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Que faire ? Un autre, \u00e0 sa place, aurait quitt\u00e9 Rome et serait retourn\u00e9 chez ses parents Mais Lustucru avait conscience de sa valeur, et il se sentait n\u00e9 pour de grandes choses. Il se dit :<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u2014 Je suis meilleur que tous les autres, mais cela ne suffit pas. Pour \u00eatre reconnu, il me faut accomplir quelque chose d&rsquo;\u00e9norme ! Mais quoi donc, par exemple ? Voyons, voyons\u2026 Tiens ! Une id\u00e9e ! Je vais conqu\u00e9rir la Gaule !<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut savoir qu&rsquo;en ce temps-l\u00e0 la France s&rsquo;appelait la Gaule, et que ses habitants s&rsquo;appelaient les Gaulois. Seulement la Gaule \u00e9tait un gros morceau, et Lustucru ne pouvait pas la conqu\u00e9rir tout seul. Il lui fallait recruter une arm\u00e9e. Un jour qu&rsquo;il se promenait dans les rues de Rome, un mendiant l&rsquo;arr\u00eata :<\/p>\n\n\n\n<p><a>\u2014 <\/a>Piti\u00e9, Monsieur, donnez-moi quelque chose !<\/p>\n\n\n\n<p>Lustucru regarda le mendiant. Il \u00e9tait pauvre et sale, mais c&rsquo;\u00e9tait un bel homme, encore jeune, bien b\u00e2ti, courageux, volontaire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Dis-moi : tu sais te battre ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh oui, Monsieur !<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u2014 Tu aimes voyager ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh oui !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Les aventures ne te font pas peur ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh non !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 En ce cas, dit Lustucru, tu entres \u00e0 mon service. Tu vas me lever une arm\u00e9e, et nous allons conqu\u00e9rir la Gaule. D&rsquo;accord ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 D&rsquo;accord ! dit le mendiant.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 \u00c0 la bonne heure ! Au fait, comment t&rsquo;appelles-tu ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Jules C\u00e9sar.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien, Jules C\u00e9sar, suis-moi. Je t&rsquo;invite \u00e0 d\u00e9jeuner !<\/p>\n\n\n\n<p>Et c&rsquo;est ainsi que Jules C\u00e9sar devint le lieutenant de Lustucru. \u00c0 eux deux, ils lev\u00e8rent une arm\u00e9e, l&rsquo;instruisirent, l&rsquo;entra\u00een\u00e8rent, puis ils pass\u00e8rent les Alpes, et entr\u00e8rent en Gaule.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire de la conqu\u00eate, vous la connaissez. Comme les tribus gauloises ne cessaient de se quereller entre elles, Lustucru commen\u00e7a par s&rsquo;allier aux unes pour combattre les autres. Il p\u00e9n\u00e9tra de cette fa\u00e7on dans l&rsquo;int\u00e9rieur du pays. Ensuite, il aida les Gaulois dans leurs luttes contre les Germains, ce qui lui permit de s&rsquo;infiltrer plus loin encore. Mais petit \u00e0 petit les Gaulois commenc\u00e8rent \u00e0 s&rsquo;apercevoir que, sous couleur de les aider, Lustucru les <strong>colonisait<\/strong>. Ils r\u00e9solurent alors d&rsquo;oublier leurs <strong>querelles<\/strong> et de s&rsquo;unir une bonne fois pour chasser les Romains. Le jeune roi des Arvernes, un certain Vercing\u00e9torix, prit la t\u00eate du mouvement, et ce fut, cette fois, la guerre ouverte. En bonne logique, les Romains auraient d\u00fb \u00eatre extermin\u00e9s, car ils n&rsquo;\u00e9taient qu&rsquo;une poign\u00e9e, au milieu d&rsquo;un pays hostile. Mais les Gaulois, s&rsquo;ils \u00e9taient courageux et actifs, manquaient terriblement de discipline et d&rsquo;esprit de suite. Finalement Vercing\u00e9torix, enferm\u00e9 dans la ville d&rsquo;Al\u00e9sia, dut reconna\u00eetre sa d\u00e9faite et se rendit \u00e0 Lustucru.<\/p>\n\n\n\n<p>Celui-ci \u00e9crivit toute l&rsquo;histoire dans un livre, dont il confia le manuscrit \u00e0 Jules C\u00e9sar en lui disant :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Va porter ce livre aux Romains, et emm\u00e8ne aussi Vercing\u00e9torix. Tu leur diras que Lustucru leur a conquis la Gaule.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Jules C\u00e9sar \u00e9tait jaloux et <strong>envieux<\/strong>. Il prit une plume de roseau, de l&rsquo;encre et un grattoir, et <strong>falsifia<\/strong> le manuscrit. Partout o\u00f9 il y avait Lustucrus, il l&rsquo;effa\u00e7a et \u00e9crivit Caesar. Partout o\u00f9 il y avait Lustucrum, il \u00e9crivit Caesarem. Et partout o\u00f9 il y avait Lustucro, il y substitua Caesari ou Caesare, suivant le cas. Bref, \u00e0 la place du nom de Lustucru, il mit partout son propre nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois arriv\u00e9 \u00e0 Rome, il dit aux s\u00e9nateurs romains :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Moi, Jules C\u00e9sar, je viens de conqu\u00e9rir la Gaule. Voici le livre o\u00f9 je raconte mes exploits. Et maintenant, vous allez me nommer empereur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh vraiment, vous croyez ? dirent les Romains.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Si vous ne voulez pas, r\u00e9pondit Jules C\u00e9sar, je lance mon arm\u00e9e contre vous !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh ! Mais alors, \u00e7a change tout ! dirent les Romains.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ils le nomm\u00e8rent empereur.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9sar entra dans Rome au cours d&rsquo;un magnifique d\u00e9fil\u00e9, et fit tout aussit\u00f4t \u00e9trangler Vercing\u00e9torix, de peur qu&rsquo;il ne dise la v\u00e9rit\u00e9. Ensuite il envoya deux hommes \u00e0 lui en Gaule, avec l&rsquo;ordre de tuer Lustucru. Les deux hommes se mirent en route. D\u00e8s leur arriv\u00e9e, Lustucru, qui attendait avec impatience des nouvelles de Rome, les fit venir dans sa tente. Les deux hommes, une fois introduits, tir\u00e8rent leurs \u00e9p\u00e9es et lui en perc\u00e8rent le c\u0153ur. Lustucru, qui \u00e9tait immortel, n&rsquo;en fut pas moins douloureusement surpris. Il comprit qu&rsquo;une fois de plus on lui avait vol\u00e9 la premi\u00e8re place et, d\u00e9\u00e7u, <strong>\u00e9c\u0153ur\u00e9<\/strong>, se r\u00e9fugia en Germanie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Germains l&rsquo;accept\u00e8rent parmi eux, \u00e0 cause de sa valeur, mais lui refus\u00e8rent la place de chef. Pas plus que les Romains ils ne voulaient recevoir d&rsquo;ordres d&rsquo;un monsieur qui s&rsquo;appelait Lustucru. Cette fois encore, notre h\u00e9ros fut maintenu \u00e0 un rang <strong>subalterne<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques si\u00e8cles plus tard, les Germains envahirent l&#8217;empire de Rome, et les Francs occup\u00e8rent la Gaule. Vous avez tous entendu parler de Clovis, le roi des Francs ? Eh bien Lustucru, \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e9tait un guerrier de Clovis.<\/p>\n\n\n\n<p>En 486, apr\u00e8s avoir battu la derni\u00e8re des arm\u00e9es romaines stationn\u00e9es en Gaule, Clovis s&#8217;empara de la ville de Soissons et la mit au pillage. Tous les objets pr\u00e9cieux furent rassembl\u00e9s, puis tir\u00e9s au sort, et Lustucru re\u00e7ut un magnifique vase qui venait de l&rsquo;\u00e9glise. Le partage termin\u00e9, le roi Clovis vint lui faire une proposition :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Laisse-moi ton vase, dit-il, je te donnerai quelque chose en \u00e9change\u2026 Mais Lustucru, qui en avait assez d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9 comme un sous-ordre, se mit en col\u00e8re. Levant sa hache, il fracassa le pr\u00e9cieux vase en disant \u00e0 Clovis :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Tu n&rsquo;auras que ta part, rien de plus !<\/p>\n\n\n\n<p>Clovis s&rsquo;en alla sans rien dire. Mais, comme il \u00e9tait <strong>rancunier<\/strong>, il n&rsquo;oublia pas. Quelques semaines plus tard, retrouvant devant lui le soldat Lustucru, il lui jeta ses armes \u00e0 terre. Lustucru se baissa pour les ramasser. <\/p>\n\n\n\n<p>Clovis alors brandit sa hache et lui fendit la t\u00eate en disant :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ainsi as-tu fait du vase de Soissons !<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il s&rsquo;en fut, croyant l&rsquo;avoir tu\u00e9. Lustucru en fut quitte pour une forte migraine, mais il quitta l&rsquo;arm\u00e9e de Clovis.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ce jour, on perd sa trace pour quelque temps. Du reste, il nous serait impossible de raconter une si longue vie dans tous ses d\u00e9tails, m\u00eame si nous avions pour cela tous les documents n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;an 732 les Arabes, venus d&rsquo;Espagne, occupaient le Midi de la France. Pour arr\u00eater leur progression, le maire du palais, Charles Martel, se porta au-devant d&rsquo;eux, \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une arm\u00e9e franque. Ce fut la bataille de Poitiers. Elle fut sanglante et dura jusqu&rsquo;au soir. La nuit venue, les deux arm\u00e9es se retir\u00e8rent dans leurs campements, et l&rsquo;on ne savait trop qui \u00e9tait le vainqueur. Tout le monde \u00e9tant tr\u00e8s fatigu\u00e9, les deux camps s&rsquo;endormirent.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Lustucru ne dormait pas. Sans se faire voir, il sortit du cantonnement et attaqua, \u00e0 lui tout seul, le camp arabe. Il tua, en moins d&rsquo;une heure, des centaines d&rsquo;ennemis. Les pauvres musulmans avaient beau se d\u00e9fendre \u00e0 coups d&rsquo;\u00e9p\u00e9e, de lance, de hache, de masse d&rsquo;armes, Lustucru continuait son carnage, et ses blessures se fermaient aussit\u00f4t. Les Arabes, voyant cela, le prirent pour le diable, lev\u00e8rent le camp et d\u00e9tal\u00e8rent sans attendre le jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain matin, Charles Martel se r\u00e9veilla et s&rsquo;aper\u00e7ut que l&rsquo;ennemi s&rsquo;\u00e9tait repli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Tiens ! C&rsquo;est curieux ! dit-il. Qui donc les a chass\u00e9s ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est moi ! dit un soldat, au garde-\u00e0-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Toi ? Et comment t&rsquo;appelles-tu ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je m&rsquo;appelle Lustucru ! En entendant ce nom, toute l&rsquo;arm\u00e9e franque \u00e9clata de rire, et Charles Martel s&rsquo;\u00e9cria :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ridicule ! De quoi aurons-nous l&rsquo;air si nous disons que Lustucru a battu les Arabes \u00e0 Poitiers ? Qu&rsquo;il soit bien entendu qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 battus par moi ! Et celui qui dira le contraire, qu&rsquo;on lui coupe la t\u00eate !<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ainsi que, cette fois encore, le nom de Lustucru fut ray\u00e9 de l&rsquo;Histoire. Lustucru fit encore bien des choses. Ce fut lui qui, en 778, sonna du cor \u00e0 Roncevaux. Ce fut lui qui conquit l&rsquo;Angleterre, pour le compte des Normands. Ce fut lui qui <a><strong>bouta<\/strong><\/a> les Anglais hors de France : Du Guesclin, c&rsquo;\u00e9tait Lustucru ; le Grand Ferr\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait Lustucru ; Jeanne d&rsquo;Arc, c&rsquo;\u00e9tait encore Lustucru\u2026 Ce fut lui qui reconnut Louis XVI \u00e0 Varennes, et qui composa La Marseillaise. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas Napol\u00e9on qui traversait le pont d&rsquo;Arcole, \u00e0 pied, sous une gr\u00eale de balles autrichiennes, non, c&rsquo;\u00e9tait Lustucru, toujours Lustucru ! Certains vont m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9tendre que ce fut lui qui, le 18 juin 1940, au micro de RadioLondres\u2026 mais arr\u00eatons-nous l\u00e0. Aller plus loin, ce serait de la politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pauvre Lustucru avait bien deux mille ans, et malgr\u00e9 toutes ses actions d&rsquo;\u00e9clat, son nom restait inconnu dans l&rsquo;Histoire. Compl\u00e8tement d\u00e9courag\u00e9, il s&rsquo;en alla trouver la grande sorci\u00e8re de la rue Mouffetard.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Bonjour, madame la Sorci\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Bonjour, Monsieur. Vous avez l&rsquo;air bien triste. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a donc qui ne va pas ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien voici : je suis grand, je suis fort, je suis brave et je suis immortel. J&rsquo;ai fait des tas de grandes choses, que tout le monde conna\u00eet, mais personne ne sait que c&rsquo;est moi qui les ai faites, et personne ne sait mon nom !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Voil\u00e0 qui est bizarre, dit la sorci\u00e8re. Et comment vous appelez-vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je m&rsquo;appelle Lustucru.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Lustucru ? Vous m&rsquo;en direz tant ! Mon pauvre Monsieur, avec un nom pareil, les historiens ne vous citeront jamais !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vous croyez ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 J&rsquo;en suis s\u00fbre ! Si vous voulez devenir c\u00e9l\u00e8bre, vous n&rsquo;avez plus qu&rsquo;une chose \u00e0 faire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Laquelle ? C&rsquo;est d&rsquo;entrer dans une chanson !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 \u00c7a, c&rsquo;est une bonne id\u00e9e ! Mais comment faire ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je n&rsquo;en sais rien, dit la sorci\u00e8re. Et personne n&rsquo;en sait rien. Pourquoi des gens comme Malbrough ou le roi Dagobert sont-ils devenus des h\u00e9ros de chansons, plut\u00f4t que le Grand Cond\u00e9 ou Chilp\u00e9ric, c&rsquo;est un myst\u00e8re. Vous n&rsquo;avez qu&rsquo;\u00e0 attendre. Apr\u00e8s tout, rien ne presse : vous \u00eates immortel !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est vrai, dit Lustucru. Il dit merci \u00e0 la sorci\u00e8re, puis il quitta Paris et, r\u00e9sign\u00e9 \u00e0 une longue m\u00e9diocrit\u00e9, il s&rsquo;installa dans un petit village o\u00f9 il acheta une belle maison, au bord de la grand-route.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mois, puis les ann\u00e9es pass\u00e8rent. Chaque matin, Lustucru s&rsquo;asseyait dans un grand fauteuil, devant la fen\u00eatre ouverte, et passait la journ\u00e9e \u00e0 regarder la voisine d&rsquo;en face, une certaine madame Michel, qui vivait seule dans une maison aux volets verts, avec son chat pour toute compagnie. \u00c0 force de la regarder, comme \u00e7a, tous les jours, il en devint amoureux. Un beau dimanche apr\u00e8s la messe, il acheta un bouquet, mit son bel habit noir, sa cravate et ses gants, puis traversa la rue et fut sonner chez la voisine. Celle-ci vint lui ouvrir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Monsieur\u2026 Vous d\u00e9sirez ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Excusez-moi, madame Michel, je suis votre voisin d&rsquo;en face\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est vous, voisin ? Je ne vous reconnaissais plus ! Comme vous \u00eates beau ! Entrez donc cinq minutes ! Vous prendrez bien un petit quelque chose ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Avec plaisir, madame Michel\u2026 Tenez, voici des fleurs pour vous !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh, comme vous \u00eates gentil ! Et qu&rsquo;elles sont belles ! Asseyez-vous, je vais les mettre \u00e0 l&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Dites-moi, madame Michel\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je vous \u00e9coute, voisin.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien\u2026 je suis venu vous demander en mariage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vous voulez m&rsquo;\u00e9pouser ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oui, madame Michel.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh, pas possible ! Mais je vous connais \u00e0 peine\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vous apprendrez \u00e0 me conna\u00eetre, madame Michel. Vous voyez, je suis grand, je suis fort, je suis brave et, qui plus est, je suis immortel !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ma foi, dit-elle, j&rsquo;avoue que c&rsquo;est int\u00e9ressant. Et comment vous appelez-vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je m&rsquo;appelle Lustucru. 65<\/p>\n\n\n\n<p>En entendant ce nom, la m\u00e8re Michel changea de visage et r\u00e9pondit d&rsquo;un air \u00e9pouvant\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh non, voisin, ce n&rsquo;est pas possible ! Vous \u00eates bel homme, y\u2019a pas \u00e0 dire, vous \u00eates m\u00eame bien plaisant, mais moi, je suis une femme s\u00e9rieuse ! je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;\u00eatre ridicule aux yeux de tout le pays ! Demandez-moi n&rsquo;importe quoi, mais de m&rsquo;appeler madame Lustucru, \u00e7a non ! J&rsquo;aime encore mieux rester toute seule !<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois de plus, le pauvre Lustucru \u00e9tait victime de son nom. Mais cette fois il \u00e9tait amoureux, et il ne se tint pas pour battu.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, comme il prenait le frais, \u00e0 la porte de sa maison, aper\u00e7ut une ombre vague qui se d\u00e9pla\u00e7ait sur le bord de la route. Il regarda attentivement et reconnut le chat de sa voisine.<\/p>\n\n\n\n<p>Il appela :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Minet ! Minet !<\/p>\n\n\n\n<p>Le chat, qui n&rsquo;\u00e9tait pas craintif, s&rsquo;approcha de lui pour se faire caresser. Lustucru le saisit, l&#8217;emporta, et l&rsquo;enferma dans une petite cabane, tout au fond de son jardin. Apr\u00e8s quoi il alla se coucher, riant sous cape et se frottant les mains.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, sur le coup de huit heures, il fut r\u00e9veill\u00e9 en sursaut par des cris aigus. C&rsquo;\u00e9tait la m\u00e8re Michel, \u00e0 sa fen\u00eatre, qui se lamentait :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 H\u00e9las, mon petit minet ! O\u00f9 est mon petit minet ? J&rsquo;ai perdu mon petit minet ! Personne n&rsquo;a vu mon petit minet ? Qui me rendra mon petit minet ?<\/p>\n\n\n\n<p>Lustucru se leva et mit le nez \u00e0 la fen\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien, madame Michel, qu&rsquo;avez-vous donc ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ah, monsieur Lustucru, c&rsquo;est mon petit minet ! J&rsquo;ai perdu mon petit minet !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Mais non, vous ne l&rsquo;avez pas perdu !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Qu&rsquo;est-ce que vous dites ? Vous savez o\u00f9 il est ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh oui, je le sais !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Et o\u00f9 est-il ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Chez moi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Chez vous ? Oh, quel bonheur ! Je viens le chercher tout de suite !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Minute, madame Michel ! Je n&rsquo;ai pas dit que je vous le rendrais !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Comment, vous ne me le rendrez pas ? Mais vous n&rsquo;avez pas le droit ! C&rsquo;est mon petit minet \u00e0 moi ! je ne peux pas vivre sans mon petit minet ! \u2014 Et moi, madame Michel, je ne peux pas vivre sans vous ! \u00c9pousez-moi, et je vous rends votre chat !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Et si je refuse ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Si vous refusez, je le mangerai !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh ! C&rsquo;est trop fort ! Je vais chercher les gendarmes !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien, c&rsquo;est cela ! Allez donc chercher les gendarmes, et moi, pendant ce temps, je mets le chat \u00e0 la casserole ! En entendant ces mots, la m\u00e8re Michel se mit \u00e0 pleurer :<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u2014 Oh, monsieur Lustucru ! Pourquoi donc \u00eates-vous si m\u00e9chant ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est parce que je vous aime, madame Michel !<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e8re Michel ouvrit de grands yeux :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vous m&rsquo;aimez \u00e0 ce point-l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oui, madame Michel ! <\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois, la m\u00e8re Michel fut tout \u00e9mue. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pauvre homme ! pensa-t-elle. Je ne savais pas qu&rsquo;il existait encore des \u00eatres capables d&rsquo;aimer \u00e0 ce point ! Apr\u00e8s tout, Lustucru, ce n&rsquo;est pas un si vilain nom\u2026 On doit s&rsquo;y habituer, \u00e0 la longue\u2026 \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Et elle dit tout haut :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Si je vous \u00e9pouse, vous me rendrez mon chat ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je vous le rendrai.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vous ne lui ferez aucun mal ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je ne lui ferai aucun mal.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Promis, jur\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Promis, jur\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Alors, c&rsquo;est entendu, je vous \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vraiment ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Vraiment !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Pour toute la vie ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Pour toute la vie !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Promis, jur\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Promis, jur\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh, quelle joie ! Merci, madame Michel ! Lustucru s&rsquo;habilla, descendit, et d\u00e9livra, sans plus tarder, le chat de sa voisine. Six mois plus tard avait lieu leur noce et, au moment o\u00f9 les nouveaux mari\u00e9s sortaient de l&rsquo;\u00e9glise, les enfants du pays se mirent \u00e0 chanter :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>C&rsquo;est la m\u00e8r&rsquo; Michel qui a perdu son chat<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Qui crie par la fen\u00eatre \u00e0 qui le lui rendra.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>C&rsquo;est le p\u00e8r&rsquo; Lustucru Qui lui a r\u00e9pondu :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Allez, la m\u00e8r&rsquo;Michel vot&rsquo; chat n&rsquo;est pas perdu !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette chanson ? demanda Lustucru.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C&rsquo;est une nouvelle chanson que l&rsquo;on chante sur vous, r\u00e9pondirent les enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Je la trouve stupide, dit la m\u00e8re Michel.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Et moi, dit Lustucru, je la trouve merveilleuse !<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis ce temps-l\u00e0, le p\u00e8re Lustucru vit parfaitement heureux dans son petit village, avec sa femme et le chat. Les petits enfants, chaque fois qu&rsquo;ils le rencontrent, lui chantent sa chanson pour lui faire plaisir, et il leur donne des sous pour acheter des bonbons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brave&nbsp;: <\/strong><a><em>Synonymes<\/em><\/a>&nbsp;: Courageux, intr\u00e9pide.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Colonisait&nbsp;: <\/strong>Verbe coloniser. Occuper un lieu, un pays&nbsp;; l\u2019envahir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Querelle&nbsp;:<\/strong> Opposition vive. <em>Synonyme<\/em>&nbsp;: Dispute<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Envieux&nbsp;: <\/strong>Qui montre de la jalousie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Falsifia : <\/strong>Verbe falsifier. <em>Synonymes<\/em>&nbsp;: Trafiquer, truquer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ec\u0153ur\u00e9 : <\/strong><a>Synonymes : <\/a>D\u00e9courag\u00e9, d\u00e9moralis\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Subalterne&nbsp;:<\/strong> Qui est inf\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rancunier&nbsp;:<\/strong> Qui en veut longtemps \u00e0 quelqu\u2019un.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bouta&nbsp;: <\/strong>Verbe bouter. Pousser, refouler.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonjour ! Aujourd&rsquo;hui, je vous lis un des contes de la rue Broca : Histoire de Lustucru. 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