[ Histoire à écouter ] La fontaine de la Bonne Fortune de J. K. Rowling

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je vous lis « La fontaine de la Bonne Fortune ». Il s’agit d’un conte tiré du livre « Les contes de beedle le barde » de J. K. Rowling, l’auteure d’Harry Potter.

Mme Dixon

https://vignette.wikia.nocookie.net/harrypotter/images/9/9b/La_Fontaine_de_la_Bonne_Fortune.jpg/revision/latest/scale-to-width-down/340?cb=20091113210542&path-prefix=fr

Je vous la raconte ici :

La fontaine de la Bonne Fortune PARTIE 1
Partie 2
Partie 3

Vous pouvez la lire ici:

La fontaine de la Bonne Fortune

Haut sur une colline, dans un jardin enchanté entouré de grands murs et protégé par de puissants sortilèges, jaillissait la fontaine de la Bonne Fortune.

Une fois par an, au cours des heures qui séparaient le lever et le coucher du soleil, au jour le plus long de l’année, un malheureux et un seul se voyait accorder la chance de se frayer un difficile chemin jusqu’à la fontaine, de se baigner dans ses eaux et de recevoir à tout jamais la bonne fortune.

Au jour dit, des centaines de gens arrivaient de tout le royaume pour atteindre avant l’aube les murs du jardin.

Hommes et femmes, riches et pauvres, jeunes et vieux, doués de pouvoirs magiques ou pas, ils se rassemblaient dans l’obscurité, chacun espérant être celui ou celle qui parviendrait à pénétrer dans le jardin.

Trois sorcières, chacune ployant sous le poids du malheur, se rencontrèrent dans les derniers rangs de la foule et se racontèrent leur détresse tandis qu’elles attendaient le lever du soleil.

La première, qui s’appelait Asha, était affectée d’une maladie qu’aucun guérisseur ne pouvait soulager. Elle espérait que la fontaine chasserait ses symptômes et lui accorderait une vie longue et heureuse.

La deuxième, qui s’appelait Altheda, s’était vu voler sa maison, son or et sa baguette magique par un sorcier malfaisant. Elle espérait que la fontaine pourrait mettre un terme à son désarroi et à sa pauvreté.

La troisième, qui s’appelait Amata, avait été abandonnée par un homme qu’elle aimait tendrement, et elle pensait que jamais son cœur n’en guérirait. Elle espérait que la fontaine apaiserait son chagrin et sa nostalgie.

Prenant pitié l’une de l’autre, les trois femmes tombèrent d’accord, si la chance les favoriserait, pour s’unir et essayer d’atteindre la fontaine ensemble.

Le premier rayon de soleil fendit le ciel et une brèche s’ouvrit dans le mur. La foule se porta en avant, chacun réclamant à grands cris la bénédiction de la fontaine. Des plantes grimpantes venues du jardin serpentèrent alors à travers la masse humaine qui se pressait contre la muraille et s’enroulèrent autour de la première sorcière, Asha.

Celle-ci attrapa le poignet de la deuxième sorcière, Altheda, qui saisit la robe de la troisième sorcière, Amata.

Amata se prit dans l’armure d’un chevalier à la mine lugubre, monté sur un cheval squelettique.

Les plantes grimpantes tirèrent les trois sorcières à travers la brèche du mur et le chevalier, arraché à son cheval, fut entrainé avec elles.

Les cris furieux de la foule déçue s’élevèrent dans l’air matinal, puis se turent lorsque la muraille du jardin se referma.

Asha et Altheda étaient en colère contre Amata qui avait accidentellement amené le chevalier avec elle.

  • Une seule personne peut se baigner dans la fontaine ! Il sera déjà suffisamment difficile de décider laquelle de nous trois s’y plongera, sans avoir besoin d’ajouter quelqu’un d’autre !

A présent, Sir Sanchance, ainsi qu’on appelait le chevalier dans le pays qui s’étendait au-delà des murs, compris qu’il avait affaire à des sorcières, et comme lui-même n’avait aucun pouvoir magique, ni aucune habilité en matière de tournois ou de duels à l’épée, ni rien d’autre qui pût distinguer des autres un homme sans magie, il fut convaincu qu’il devait abandonner tout espoir d’arriver à la fontaine avant les trois femmes. Il déclara donc son intention de se retirer en retournant de l’autre côté du mur.

Quand elle l’entendit, Amata se mit en colère à son tour.

  • Cœur de lièvre ! le gronda-t-elle. Tirez votre épée, chevalier, et aidez-nous à atteindre notre but !

Ainsi, les trois sorcières et le chevalier mélancolique s’aventurèrent dans le jardin enchanté, où des herbes, des fruits et des fleurs rares poussaient en abondance de chaque côté des sentiers baignés par la lumière du soleil. Ils ne rencontrèrent aucun obstacle jusqu’à la colline au sommet de laquelle se trouvait la fontaine.

Là, cependant, enroulé autour du pied de la colline, il y avait un ver, blanc, monstrueux, boursouflé et aveugle. A leur approche, il tourna vers eux une tête affreuse et prononça les paroles suivantes :

Payez-moi avec la preuve de votre douleur.

Sir Sanchance tira son épée et tenta de tuer la bête mais sa lame se cassa net. Puis Altheda jeta des pierres au ver, tandis qu’Asha et Amata essayaient tous les sortilèges qui auraient pu le soumettre ou l’envoûter mais le pouvoir de leurs baguettes magiques n’était pas plus efficace que les pierres de leur amie ou l’acier du chevalier : le ver refusait de les laisser passer.

Le soleil s’élevait de plus en plus haut dans le ciel et Asha, désespérée, se mit à pleurer.

Le grand ver appuya alors sa tête contre celle d’Asha et but les larmes qui coulaient sur ses joues. Sa soif apaisée, il s’écarta en ondulant et se volatilisa dans un trou du sol.

Se réjouissant de sa disparition, les trois sorcières et le chevalier entreprirent d’escalader la colline, persuadés qu’ils atteindraient la fontaine avant midi.

Parvenu à mi-hauteur, cependant ils trouvèrent devant eux ces mots inscrits dans le sol :

Payez-moi avec le fruit de votre labeur.

Sir Sanchance prit son unique pièce de monnaie et la posa sur le flanc herbeux de la colline, mais elle roula sur la pente et fut perdue. Les trois sorcières et le chevalier poursuivirent leur escalade. Pourtant, ils eurent beau marcher pendant des heures, ils n’avaient pas avancé d’un pas. Le sommet ne s’était pas rapproché et l’inscription était toujours gravée dans la terre, devant eux.

Ils étaient tous découragés, tandis que le soleil s’élevait au-dessus de leurs têtes et commençait à redescendre vers l’horizon lointain. Mais Altheda marchait plus vite et avec plus de force que les autres et elle les exhortait à suivre son exemple, bien qu’elle ne parvînt toujours pas à monter plus haut sur la colline enchantée

  • Courage, mes amis, n’abandonnez pas ! s’écria-t-elle en s’épongeant le front.

Alors que les gouttes de sueurs luisantes tombaient sur le sol, l’inscription qui leur barrait le chemin s’effaça et ils s’aperçurent qu’ils pouvaient à présent recommencer à monter.

Enchantés de la disparition de ce deuxième obstacle, ils se hâtèrent en direction du sommet, avançant le plus vite possible, jusqu’à ce qu’ils aperçoivent enfin la fontaine qui étincelait comme du cristal dans un berceau d’arbres et de fleurs.

Avant de pouvoir l’atteindre, cependant, ils se retrouvèrent devant un cours d’eau qui coulait tout autour du sommet de la colline, leur interdisant le passage.

Dans les profondeurs de l’eau claire une pierre lisse portait ces mots :

Payez-moi avec le trésor de votre passé.

Sir Sanchance essaya de franchir le cours d’eau en flottant sur son bouclier mais il sombra. Les trois sorcières le tirèrent de l’eau puis tentèrent à leur tour de sauter le ruisseau mais il refusait de les laisser passer, et pendant ce temps, le soleil continuait de descendre dans le ciel.

Ils s’interrogèrent alors sur la signification du message inscrit dans la pierre et ce fut Amata qui le comprit la première. Prenant sa baguette, elle arracha de sa tête tous les souvenirs des moments heureux qu’elle avait passés avec son amoureux disparu, et les laissa tomber dans l’eau vive du courant. Le ruisseau les emporta et des pierres émergèrent grâce auxquelles les trois sorcières et le chevalier purent enfin passer et gagner le sommet de la colline.

La fontaine scintillait devant eux, nichée parmi les herbes et des fleurs plus rares et plus belles que toutes celles qu’ils avaient vues jusqu’à maintenant. Une couleur rubis embrasait le ciel et il était temps de choisir qui d’entre eux allait se baigner dans la fontaine.

Mais avant qu’ils aient pu se décider, la frêle Asha tomba sur le sol. Epuisée par tant d’efforts pour parvenir au sommet, elle était proche de la mort.

Ses trois amis auraient pu la porter jusqu’à la fontaine mais Asha éprouvait une douleur mortelle et elle les supplia de ne pas la toucher.

Altheda se hâta de cueillir toutes ces herbes dont les vertus lui semblaient prometteuses, les mélangea dans la gourde d’eau de Sir Sanchance et versa la potion ainsi obtenue dans la bouche d’Asha.

Aussitôt, Asha put se relever. Mieux encore, tous les symptômes de sa redoutable maladie avaient disparu.

  • Je suis guérie ! s’écria-t-elle. Je n’ai pas besoin de la fontaine. Que ce soit Altheda qui s’y baigne !

Mais Altheda était occupée à recueillir d’autres herbes dans son tablier.

  • Si j’arrive à guérir de cette maladie, je gagnerai des tas d’or ! Que ce soit Amata qui s’y baigne !

Sir Sanchance s’inclina et fit signe à Amata de s’avancer vers la fontaine mais elle refusa d’un hochement de tête. Le cours d’eau avait emporté tous ses regrets d’avoir perdu son amoureux et elle se rendait compte à présent qu’il avait été cruel, infidèle et qu’être débarrassée de lui suffisait à son bonheur.

  • Mon bon chevalier, c’est vous qui devez vous baigner en récompense de votre noblesse de cœur ! dit-elle à Sir Sanchance.

Alors, le chevalier s’avança dans un bruit d’armure, sous les derniers rayons du soleil couchant, et se baigna dans la fontaine de la Bonne Fortune, stupéfait d’avoir été choisi parmi des centaines d’autres et étourdi par cette incroyable chance.

Tandis que le soleil tombait au-dessous de l’horizon, Sir Sanchance émergea de l’eau, auréolé par la gloire de son triomphe et, dans son armure rouillée, il se jeta aux pieds d’Amata qui était la femme la plus belle et la plus aimable qu’il eût jamais contemplée. Exalté par son succès, il la supplia de lui accorder sa main et son cœur et Amata, qui n’était pas moins ravie que lui, comprit qu’elle avait trouvé un homme digne de l’une et de l’autre.

Les trois sorcières et le chevalier redescendirent la colline ensemble, bras dessus, bras dessous. Ils eurent tous une longue vie de bonheur et aucun d’entre eux ne suit ni ne soupçonna jamais qu’il n’y avait pas le moindre enchantement dans les eaux de la fontaine.

Vocabulaire

Sortilège: Force d’origine magique. Synonymes: Charme, envoûtement, sort.

Désarroi: Trouble moral. Synonymes: Confusion, détresse.

Abondance: Grande quantité de quelque chose. Synonyme: Profusion

Labeur: Travail pénible et prolongé. Synonymes: Besogne, peine , tâche.

Exhorter: tenter d’amener quelqu’un à quelque chose par des encouragements. Synonymes: Encourager, inciter.

Exalté: Personne qui est dominée par une passion. Synonymes: Surexcité, survolté.

Enchantement: Pouvoir magique. Synonymes: Sortilège, sort.

Petites questions !

Quels sont les noms des trois sorcières ?

Qui accompagne les trois sorcières jusqu’à la fontaine ?

Quelle est la monstrueuse créature qui les attend au pied de la colline ?

Comment réussissent-ils à trouver la fontaine ?

A la fin de l’histoire, qui finit par se baigner dans la fontaine de la bonne fortune ?

Ce contenu a été publié dans accueil, actualités, Les classes et ateliers. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.