[Atelier histoire] Les fontaines, l’abreuvoir, le lavoir…

Vendredi, nous avons décidé de transformer la récréation en balade « patrimoniale ». En effet, depuis quelques jours, nous parlons volumes en classe grâce à Alexandre et son fameux carré potager.

Sur Hauteville, beaucoup de « volumes » à mesurer. Ce fut le cas jeudi avec l’abreuvoir de la rue de Tenay. Vendredi, nous avons mesuré le lavoir et une fontaine de forme parallélépipédique.

Mais travailler uniquement sur les maths quand on est devant un lavoir, une fontaine ou un abreuvoir, c’est passer à côté d’une occasion unique de parler Histoire et patrimoine ! Nous avons donc sauté sur l’occasion !

Voici le lavoir de la rue de Tenay:

Celui-ci est couvert afin d’être protégé en cas de pluie.

A quoi servait-il ?

Imaginer que dans les années 1950-1960, les maisons d’Hauteville comme un grand nombre de maisons à la campagne n’étaient pas raccordées en eau ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Et bien cela veut dire que dans les maisons, il n’y avait pas d’eau ! Et sans eau dans une maison pas de machine à laver pour le linge ! Le lavoir, c’était la machine à laver de l’époque ! Et le linge était lavé à la main par des femmes !

Un travail de titan qui use les mains, les bras, les dos et la peau. Nous avons pu nous en rendre compte en touchant la pierre qui était usée et lisse à cause de ce travail harassant.

Au dessus de ce lavoir, il y avait un abreuvoir qui avait une toute autre activité. Il servait pour que le bétail (les vaches notamment) puissent boire en allant et en revenant des champs.

Celui-ci est long (plus de 6 mètres) afin que plusieurs vaches puissent boire en même temps. Un abreuvoir parce que dans les étables des fermes pas d’eau courante, nous l’avons déjà dit.

Dans la rue de Tenay, nous trouvons également des fontaines. A quoi servaient les fontaines ?

Elles avaient la même fonction que les abreuvoirs mais pour les hommes. Et oui… Pas d’eau dans les fermes…

Il fallait donc aller plusieurs fois par jour à la fontaine. On transportait l’eau à l’aide de seaux que l’on portait sur les épaules à l’aide d’une barre. Il y avait donc deux seaux pour être équilibré.

Il fallait être vigilant et adroit pour ne pas renverser les seaux en trébuchant. Si tel était le cas, on était bon pour tout recommencer.

Imaginer l’hiver avec la glace dans la rue… Je ne vous parle pas des chaussures… C’était des sabots !

Les fontaines de la rue de Tenay sont plus hautes dans la rue par rapport à l’abreuvoir et au lavoir. Pourquoi ?

Tout simplement parce que l’eau circule de haut en bas en passant par ces différents édifices.

Si l’on met le lavoir en haut de la rue et la fontaine en bas alors les gens auraient bu l’eau du lavoir ! Au niveau sanitaire, pas terrible.

Pareil pour l’eau de l’abreuvoir. Il vaut mieux boire l’eau avant les vaches !

Dans la rue de Tenay, nous avons compté deux fontaines. Les deux ne fonctionnent plus et c’est bien dommage car elles permettaient d’enrichir la faune en insectes qui servaient ensuite de nourriture pour les hirondelles rustiques ou de fenêtre qui étaient à l’époque beaucoup plus nombreuses qu’aujourd’hui….

Les habitants ne prenaient pas l’eau dans la fontaine mais posaient leurs seaux sur des barres de métal en attendant que l’eau coule du tuyau. C’était ainsi moins lourd à porter en attendant que le seau se remplisse. On peut les voir sur la deuxième fontaine.

Nous sommes ensuite remontés jusqu’à la place des FFI (encore un peu d’histoire en perspective…) et nous avons trouvé une fontaine circulaire encore en fonctionnement où l’on voit bien les deux barres en métal pour poser le seau et le remplir en eau.

Nous avons fini devant le centre social où nous avons trouvé une dernière fontaine circulaire hors service.

Comme quoi, en y prêtant attention, l’environnement regorge de situations d’apprentissage. Il faut juste avoir les bonnes lunettes 😉

Laurent Lançon

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5 réponses à [Atelier histoire] Les fontaines, l’abreuvoir, le lavoir…

  1. Alexandre Tardy dit :

    Super article. A Douvres il y a aussi un lavoir et il existe deux fontaines qui marchent.

  2. Laurent Lançon dit :

    Bonjour Alexandre,

    Oui, nous avons bien travaillé. C’est aussi grâce à toi qui nous a mis sur la voie « des volumes » avec ton carré potager.

    Y a t-il un four communal à Douvres ?

    Si oui, je pourrai rédiger un article sur les fours communaux qui sont d’anciens fours banaux hérités de l’époque des rois et des seigneurs…

    Laurent Lançon

  3. Alexandre Tardy dit :

    Et oui il y a un four dans chaque quartier de Douvres. Il y a 6 fours. Et il y a la fête des fours chaque année au mois de mai. Ils font des galettes sucrées et salées. On peut manger des galettes : à la courge, à la noix, à l’oignon, à la crème, au sucre et à la praline.

  4. Laurent Lançon dit :

    Bonjour Alexandre,

    Super, alors je me lancerai prochainement dans le récit des fours banaux dans les communes. Sans faute !

    Peut-être pourrais-tu les prendre en photos ? Nous pourrions alors observer différentes architectures. Tiens, essaye de chercher sur les pierres des fours de Douvres des dates de construction… Je pense que je pourrais alors à distance te raconter l’histoire des fours de Douvres.

    Peut-être pourrais-tu les classer chronologiquement du plus ancien au plus récent ? Et les mettre sur une carte du village ? Sais-tu si il y a des anciens fours dans les vieilles maisons de Douvres ? Si oui, alors là c’est super jackpot ! Ca sera l’histoire de la seigneurie française et la révolution française.

    Sache quand même que tu te trouves dans un secteur extrêmement riche au niveau historique. L’histoire des duchés de Savoie et du Dauphiné.

    Je t’invite pour le coup à lire cet article: http://www.imelasavoie.fr/?p=12243

    Un travail sur les fours de Douvres permettrait d’alimenter le blog dans le domaine de l’Histoire avec un grand H !Il n’y a que celle-ci qui m’intéresse.

    Alors intéressé par cette proposition de travail ?

    Laurent Lançon

  5. Alexandre Tardy dit :

    Je connais très bien le château des Allymes car je monte très souvent en VTT, en partant de Douvres. Ce château est très beau. Je vais essayer de prendre des photos des fours. Je vais demander à ma mémé si il y a des vieux fours dans les vieilles maisons. Ma mémé a toujours habité dans Douvres.

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